La France a plus à perdre qu'à gagner du mouvement des «gilets jaunes» | Slate.fr

«La France a plus à perdre qu'à gagner du mouvement des «gilets jaunes»»

Heu, la France, c'est qui exactement ?

L'"article" ne le précise pas dès le début, dommage.
Si la France, ce sont les politiques installés qui font le contraire de ce pour quoi ils ont été élus, les premiers de cordée qui ne laissent ruisseler que la merde qu'ils génèrent, un gouvernement qui fait ce qui lui chante du pognon qu'on lui donne, alors, si elle perd, nous gagnons... Si la France, c'est le peuple français, alors cette assertion est fausse.
Plus à perdre... dans quel domaine ?

«le parti La République en marche n'a pas une base populaire assez large.»


Tu m'étonnes... il n'y a PLUS de base populaire parce que la base en question a bien vu que macron n'est ni de gauche tout court.

«la défense de l'intérêt général»

pour ma part, je trouve que le mouvement GJ de ces derniers temps, à partir du moment où leurs demandes sont plus claires, relève précisément de l'intérêt général, celui du plus grand nombre...


«en cas d'aggravation de la crise et d'un naufrage des institutions, c'est toute la classe politique qui serait emportée.»


Mmmmmm... déjà, naufrage des institutions me paraît éxagéré; ensuite, de quelles institutions ? Celles qui, par leur mépris, leur injustice, leur aveuglement ont permis à la situation d'en arriver là ? Ben bon vent, alors.
Quant à la classe politique, si ça pouvait dégager la bande d'opportunistes égocentriques et carriéristes qui nous tient lieu de classe politique depuis quarante ans, ce ne serait pas plus mal, non ? Place à d'autres.


«Affaibli à l'intérieur, Emmanuel Macron l'est aussi sur la scène internationale. C'est fâcheux, au moment où se tient à Katowice la COP 24 sur le climat, où la présence des dirigeants français et leur détermination auraient été utiles pour soutenir les efforts de l'ensemble des acteurs souhaitant une mise en place effective et efficace de l'accord de Paris. Le recul sur la taxe carbone est un signal désastreux.»


Je sens que je vais rire... Macron, le Roi du faites-ce-que-je-dis-pas-ce-que-je-fais écoligique, celui-là même qui par son inaction a provoqué la démission de Hulot, celui qui détourne la taxe carbone pour financer autre chose que l'écologie, c'est bien de lui qu'on parle ? Macron se décrédibilise très bien tout seul, il n'a pas besoin des GJ pour ça.


«On peut ne pas se sentir concerné par la politique climatique et ne pas partager la vision européenne d'Emmanuel Macron, on peut aussi être en désaccord avec l'ensemble de sa politique, mais on n'échappe pas à une réalité: si la voix du président de la République porte moins à l'étranger, s'il n'a plus l'autorité suffisante pour faire entendre celle de la France dans les négociations internationales et défendre les intérêts nationaux, tout le monde peut avoir à y perdre.»


Tout est dans l'expression «intérêts nationaux»: l'intérêt national version Macron n'est peut-être pas celui du plus grand nombre, mais celui des premiers de cordée...


«des dégâts ont été commis. À Paris, après la manifestation du 1er décembre, Anne Hidalgo les a estimés à trois ou quatre millions d'euros pour le seul mobilier urbain»


Heu combien ça fait en moquettes/vaisselle présidentielles ?! je me rends pas compte.


«Tout le monde a pu entendre des voix rejeter la faute sur le gouvernement, qui est resté trop longtemps sourd à leurs revendications. L'argument est évidemment irrecevable. Quand on participe à des mouvements de ce genre, on doit en assumer la responsabilité et admettre que l'on a pris le risque de mettre des entreprises en difficulté et des gens au chômage total ou partiel.»


Donc, c'est tout l'un ou tout l'autre ? Belle analyse.. Le gouvernement refuse de négocier et attend volontairement le pourrissement inévitable de la situation pour pouvoir dénigrer le mouvement et ce n'est que la faute du mouvement en question ?! Tiens ?!


«Ce sont quatre milliards qui ne rentreront pas dans les caisses de l'État. Pour respecter ses objectifs de déficit, le gouvernement devra donc trouver quatre milliards d'économies supplémentaires dans les prochains jours.»


Et si on prenait dans les poches de ceux qui refusent de payer les impôts en France?
Et si on récupérait l'argent perdu dans les optimisations fiscales des premiers de cordée ?
Et si on récupérait dans les poches de ceux qui ne proposent aucune alternative aux consommateurs que l'usage effréné de carburants fossiles afin de BIEN rentabiliser des industries en fin de vie ?


«La capitulation du président n'incite pas à la discussion.»


Le choix des mots Capituler est extrêmement péjoratif: s'il restait le moindre doute sur l'orientation politique de celui qui rédige l'article, le voilà balayé.


«Si le gouvernement veut préserver ne serait-ce qu'un petit bout de sa politique de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre,»


Heuuuu... quelle lutte ?!


«On observera aussi que toutes les mesures réclamées sur les ronds-points au nom du ras-le-bol fiscal impliquent un accroissement des dépenses publiques. Ce n'est pas nouveau, c'est même une constante en France: on trouve que l'on paie trop d'impôts et, dans le même temps, on demande à l'État d'intervenir davantage. »


Oui, oui, c'est l'argument du premier ministre, merci de le régurgiter avec une telle fidélité. Rappel: les gilets jaunes ne demandent pas moins d'impôts dans l'absolu, ils demandent en priorité que ces impôts soient utilisés à bon escient et qu'ils soient prélevés en priorité dans les poches de ceux qui se gavent. Nuance.


«Bref, de tous les événements de ces dernières semaines, on ressort avec un président affaibli et en désaccord avec son Premier ministre, une majorité désorientée, des «gilets jaunes» qui multiplient les revendications les plus délirantes, d'autres candidates et candidats à la manifestation qui se préparent dans les lycées, l'agriculture, etc., une majorité de la population qui ne comprend plus rien, des secteurs entiers de l'économie qui souffrent, et des finances publiques qui risquent d'être encore plus déstabilisées.»


Revendications «délirantes»: vous cherchiez du mépris de classe, en voilà un vrai exemple.
Caricature, simplification, biais de confirmation, contre-vérités et hop, le tour est joué.


«Et personne pour tenter de ramener un peu de calme et de raison dans tout cela. Celles et ceux qui soutiennent encore les «gilets jaunes» feraient bien de réfléchir: dans les périodes troublées, ce sont les plus fragiles qui souffrent le plus, les personnes les plus fortunées arrivent toujours à s'en sortir.»


Oui, et donc, tu proposes quoi mon gros ?! Attends, je devine: ne rien changer, j'ai pas raison ?! Je passe sur la caricaturisation de la situation («personne» «un peu de calme» etc)


«Plonger le pays dans la confusion et appauvrir la partie de la population que l'on prétend défendre pour obtenir un symbole, est-ce vraiment une belle idée?»


Je te pose la question mon gros... Défendre ses idées dans la rue, demander plus de justice sociale et économique, lutter pour soi et pour les autres... c'est pas une belle idée ?


Entendons-nous bien: je ne cautionnerai jamais la violence et la destruction... mais qu'attendre quand l'état n'écoute rien, quand l'état réprime au lieu de négocier, quand l'état prend des décisions favorisant la frange minimale des plus nantis au détriment des plus nombreux, la classe moyenne et la classe la plus défavorisée... Quand l'état culpabilise les citoyens mais ne propose aucune alternative voire agit à l'encontre de ce qu'il préconise ? Quand l'état méprise ouvertement les gens qui composent la majorité des citoyens de son pays ?

Je ne cautionne pas, mais je comprends.
Je ne suis pas d'accord avec toutes les demandes, mais je les comprends.
Je ne soutiens pas tous les gilets jaunes mais je soutiens la majorité d'entre-eux.


Et l'opinion d'un gars qui, à l'évidence, ne prône que le maintien des inégalités et des gens qui les favorisent, je m'en torche le joufflu.








Via Liandri


❝ 1 commentaire ❞

1  jerry wham le

Bravo. Bon démontage en règle.
<- Bronco après la lecture et la contre-argumentation

 

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